© Dominique Merigard

Philippe Dollo

Né à Suresnes en 1965, Philippe Dollo a travaillé comme photographe free-lance pour la presse depuis 1990.
En 1997 il s’installe à New York comme correspondant pour Opale, l’agence photo spécialisée en portraits d’écrivains. Son travail fait partie des collections permanentes de la Fondation LUMA.

Il a enseigné pendant 4 ans la photographie à l’Institut Français de Prague. Son premier livre, ”L’Ile Dollo” a été publié aux Éditions Leo Scheer en mars 2005.

Il vit depuis juillet 2015 à Madrid avec sa famille et travaille sur les conséquences et les traces invisibles de la guerre civile de 1936 dans l’Espagne contemporaine.

“Philippe Dollo est l’œil qui se glisse et se faufile pour traquer ces brefs instants de complicité, de doute, d’embarras, d’inquiétude ou de confrontation noyés dans l’enchaînement rapide d’une journée très particulière, ce passage unique dans l’histoire d’un couple, ce rassemblement d’êtres proches qui ne se reproduira plus’’ Celine Curiol, écrivain

 

American wedding

Au pied de l’immeuble, la limousine attend de prendre la route vers l’église, la synagogue, le temple ou tout simplement vers le jardin d’un restaurant, un parc, une plage, ou le toit d’une tour à l’ombre de l’Empire State Building. Aux Etats-Unis, on peut se marier où l’on veut et New York offre de quoi s’adapter à tout fantasme. La préparation de la mariée est à chaque fois un moment intime d’une discrète sensualité. Même si la lumière est basse, je saisis ma chance sans flash. Contre-jour, jeux de miroirs, mouvements de mains autour du visage immobile.

La tension monte graduellement. Elle atteindra son point culminant juste avant la cérémonie. Bien plus tard, après le cocktail, le dîner, les discours entre les plats et les derniers rituels, elle se libérera complètement sur la piste de danse.

Les flashs crépitent ; le photographe français est devenu paparazzi italien. Brutalement, l’orchestre annonce la dernière danse et les mariés réalisent soudain qu’ils n’ont pas vu passer la longue journée. Dans le claquement sec des chaises que l’on replie, je range les boitiers et recompte mes films: une trentaine de rouleaux, surtout des noirs et blancs. Hormis le souvenir, c’est tout ce qu’il restera.

La tension monte graduellement et le photographe français est devenu paparazzi italien

Exposition
La série American wedding sera présentée à l’espace d’Arts Visuels, 18 avenue du Général Vincent / espace n° 11 sur le plan.

Temps fort
Venez rencontrer Philippe Dollo lors de sa conférence-projection “Photographier NEW-YORK, la cité fragile 1996-2008” : dimanche 18/8 à 17h.